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Révélations du ministre Pascal Koupaki sur l'Ortb hier à propos d'Icc-Services et consorts

52.000 déposants déjà recensés - Pour 70 milliards F Cfa de volume de dépôts

30.07.2010

- 124.000 contrats enregistrés - 20 milliards F Cfa de volume d'intérêts déjà payés - L'Etat ne fera pas appelle aux finances publiques 70 sociétés illégales de placement d'argent recensées dont 53 déjà rencontrées; 52.000 déposants recensés à la date du mercredi 28 juillet 2010, soit 124.000 contrats;

 

70 milliards de F Cfa de volume de dépôts dont 80% concernent Adjarra, Cotonou, Porto-Novo et Abomey-Calavi; 20 milliards de F Cfa de volume d'intérêts déjà payés par les structures de placement à leurs clients;100 véhicules haut de gamme et immeubles saisis tant au Bénin qu'à l'étranger...

La liste de ce qu'on peut retenir de la gestion de la crise Icc-Services et consorts est longueLe ministre d'Etat chargé du développement, de l'évaluation des politiques publiques et de la coordination de l'action gouvernementale, Pascal I. Koupaki, était hier soir sur le plateau de la télévision nationale pour éclairer l'opinion publique nationale et internationale sur ce qui est fait et qui reste à faire par le gouvernement pour venir à bout de cette crise.

Durant plus d'une heure d'horloge, l'invité d'Annick Balley, président du comité de crise, a fait le point de la situation au jour de l'émission. D'entrée de jeu, le ministre d'Etat a tenu à préciser que le gouvernement n'a pas laissé la crise se réaliser. «Le secteur financier est règlementé, régi par des lois. Dans le cas d'espèce, ce sont des établissements, des Ong pour la plupart, qui ont fait une incursion dans un domaine qui n'est pas le leur.

Les structures illégales de placement d'argent n'ont jamais déposé de dossiers pour être agréées par l'Etat. Elles ont opéré en toute illégalité. A ce jour, 7.500 Ong sont officiellement reconnues. Il était difficile pour le gouvernement d'avoir suffisamment d'informations sur les structures de placement afin d'agir.

Les populations sont alors tombées dans l'appât de gain facile qui pose un problème de moral, d'éthique», a-t-il fait savoir, avant de souligner que le gouvernement va aider ces sociétés à sortir de l'illégalité. Il n'a pas manqué de rappeler que leurs responsables encourent 1 mois à 2 ans de prison ferme. S'agissant des responsabilités, le ministre Koupaki les a situées à trois niveaux: responsabilités des dirigeants des structures de placement, responsabilités des déposants qui se sont laissés grugés puis responsabilités des structures étatiques de contrôle. «Il y a une insuffisance dans la veille», a-t-il reconnu. «A la date de ce jour, 70 sociétés de placement ont été enregistrées. J'ai pu discuter déjà avec 53.

Par rapport à leur solvabilité, 17 d'entre elles ont déjà produit leur plan de remboursement. Nous attendons les échéanciers des 36 sociétés qui restent. Le moratoire qui leur a été donné expire le jeudi 29 juillet 2010 à minuit. Passé ce délai, si elles n'envoient pas les fiches d'identification, elles auront à faire avec la justice», a indiqué le ministre d'Etat. Pascal Koupaki a signalé que les gros déposants se font désirer dans les centres de recensement. S'ils ne se font pas recenser, l'invité prévient qu'ils ne seront pas pris en compte dans le plan de remboursement qui sera retenu au terme de l'opération. «S'ils ne se présentent pas, c'est fait leur problème», a-t-il déclaré.

Pour le ministre, Icc-Services ne plaçait aucun fonds en ligne ni sur le marché international. A l'en croire, ses responsables utilisaient les fonds des déposants à des fins personnelles, dans l'achat de belles voitures, de maisons et autres. «Aucune structure n'est en mesure de commencer par payer maintenant. Le remboursement à 100% sera difficile. Nous n'irons pas dans la précipitation.

Les plus petits épargnants seront priorisés. Le gouvernement est assez responsable pour faire la part des choses et il ne fera pas appelle aux finances publiques», a martelé le président du comité de crise. Par rapport aux échéanciers, il a annoncé que les propositions qui lui sont faites par certaines sociétés de placement vont de 02 à 08 mois. «Nous sommes en train d'identifier les déposants et les dépôts, recenser les intérêts pris, les dépôts initiaux...

C'est à la fin de cette opération qu'on saura à quoi s'en tenir par rapport aux critères de remboursement et surtout aux échéanciers», a-t-il précisé. Il a, pour finir, appelé les populations au calme et à faire confiance au gouvernement. Selon lui, si l'alerte donnée par la banque centrale et relayée par le ministère des finances avait connu de suite favorable au niveau de la justice, la situation ne serait pas catastrophique aujourd'hui. C'est pourquoi il appelle tout le monde à la sérénité.

Léonce HOUNGBADJI